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dimanche 29 mai 2022

Inconditionnel...


comme l'amour que je leur porte. Mes enfants, mes raisons de me lever chaque matin, leurs défauts, leurs qualités, leurs personnalités, rien à changer, rien à jeter. 
Un amour absolu.

Mais aimer un autre que son enfant de la sorte est dangereux. Tout lui pardonner, ne rien attendre en retour n'est-ce pas se manquer de respect? Aimer, ce n'est pas endurer.

mardi 24 mai 2022

Janus , dieu des portes

Le futur se construit-il sur l'oubli du passé? Pour devenir celui qu'il veut être, l'Homme doit-il oublier celui qu'il a été? Le futur, inconnu, promesse de la nouveauté, multiplicité des possibles. Le passé, figé, irrévocable. Synonyme de regrets , de remords, il enferme et empêche toutes progressions. Le présent s'assimile alors à ce passé par trop envahissant. L'amnésique est incomplet: dépourvu de mémoire, l'homme est sans racines, sans conscience de son histoire,de son essence. Comprendre le passé, c'est se constituer, se connaître.Il importe de s'en libérer pour vivre le présent en toute conscience et non dans la simple impulsivité. Oublier pour pardonner, encore faut-il savoir ce que l'on pardonne, ce qu'on choisit de pardonner. l'homme est responsable de sa vie et ne subit aucun déterminisme. La liberté, n'est-ce pas d'agir et de choisir sa vie? L'Homme est acte tout au long de son existence. Son présent et le fruit de son passé, fruit lui permettant de se créer un avenir, d'écrire son futur. 

  Chaque porte s'ouvre sur deux possibilités.

vendredi 6 mai 2022

Boire et déboire

Le café était désert. Flora, la taulière, en profitait pour lire le dernier Détective, les fesses bien calées sur la banquette , la jupe légèrement remontée, les pieds nus calés sur une chaise. Rêvant d’étreintes interdites, son jeune employé la contemplait du coin de l’oeil. Brisant ce moment de sérénité, un grand échalas ouvrit la porte du bar et s’y introduisit. -Salut mon Jeff! - Salut Jacky, répondit le barman tout en se saisissant d’une tasse qu’il glissa sous le percolateur qui cracha un liquide aussi épais qu’une mare de pétrole. Il tendit le café à celui qui quitterait les lieux dès qu’il aurait bu son expresso. Le même rituel, du lundi au vendredi, seule l’heure variait. Jacques saluait la compagnie de la porte, s’installait au comptoir, sirotait son jus, réglait sa consommation puis s’en allait discrètement. Jamais il ne s’adressait aux autres clients, se contentant de les observer d’un rapide coup d’oeil. Ne se considérant pas comme un client assidu, il ne souhaitait pas se mêler à la faune des habitués . Après tout, il ne fréquentait le N’importe quoi que depuis deux mois. N’importe quoi, c’était aussi ce qu’il aurait pu faire de sa vie. Entretenir une relation sur son lieu de travail s’était révélé un challenge particulièrement exigeant. S’enflammer pour une étudiante, le plaisir d’enfreindre un interdit, le frisson du secret, les regards qui se croisent dans l’amphi… Ce qui l’avait attiré chez Ninon ? Sa joie de vivre, son insouciance. Il s’était senti fort, capable de leurrer le monde entier. Son assurance lui donnait des ailes. Grisé par sa hardiesse, il commit une erreur, de celle qui vous fracasse. Stupidité ou acte manqué ? Pourquoi avait-il laissé cette lettre dans la poche de son jean ? Il savait pourtant que sa femme l’y trouverait en préparant la lessive. Ce soir là, en rentrant de l’université, Jacques était guilleret. Comme à son habitude il s’avança dans le salon pour saluer sa famille, Jeanne lui tournait le dos, les petits étaient déjà dans leur chambre, absorbés par leurs jeux. Elle ne lui adressa pas un regard, il ne le remarqua pas et c’est à peine s’il entendit qu’elle avait la voix rauque. Pressé de chatter avec Ninon, il s’isola dans son bureau, jeta sa besace sur une liasse de documents d’études, se cala dans son fauteuil, alluma son ordianteur, mais, pas de wi-fi. C’est alors qu’il prit conscience de la tache de propreté sur le rebord de fenêtre. Au milieu des poussières se dessinait un rectangle blanc. Le modem manquant, ce sont ses joies de la soirée qui s’évanouissaient. Pourquoi diable, Jeanne avait-elle subtilisé la Box, il fallait tirer cette affaire au clair rapidement, son bonheur en dépendait. Le brave homme retourna dans la salle à manger. Sa femme mettait la table. A sa place, ni assiette ni couverts, mais une feuille légèrement froissée. Passablement énervé, il s’apprêtait à protester lorsqu’il comprit. C’est à ce moment qu’elle se retourna. Il connaissait ce regard. Malgré ses yeux rougis par les larmes, il la savait prête à en découdre. A cet instant, Jacques reconnut la femme dont il était tombé amoureux, cette femme fantasque et enjouée qui ne craignait rien, ni personne. Subitement, il eut envie de l’enlacer, de lui faire l’amour. Comme il s’approchait d’elle, Jeanne se campa sur ses jambes, prête à l’affronter. Ne pas lui laisser prendre le dessus, et, surtout ne pas pleurer. Pourtant elle ne put retenir ses sanglots lorsqu’il lui demanda pardon. Il la prit par la main, comme une enfant, et l’entraîna vers le canapé. En chuchotant, il ne fallait pas trop inquiéter les enfants, ils eurent une longue discussion. Entre reproches, larmes et regrets, ils finirent par s’entendre. Il quitterait Ninon le plus tôt possible. Une fois encore, elle succombait à son boniment. Les enfants couchés, ils décidèrent de faire quelques pas sous la bruine. Ils se perdirent un peu dans les ruelles de la vieille ville et débouchèrent sur la place Napoléon. Pour se réchauffer , ils entrèrent dans un bar, au hasard, y commandèrent un café, le meilleur que Jacques n’eut jamais dégusté.

mercredi 4 mai 2022

Sans confiance, la vie est-elle possible?

Regarder la vérité en face n'est pas toujours facile.  Accepter qu'on est au bout d'une histoire qu'on rêvait sans fin. Puis se fiche en l'air, remonter la pente en s'agrippant aux sourires de deux grandis trop vite .
Mais c'est aussi se respecter que de l'accepter. Le déni est mauvais conseiller, à quoi bon croire que les choses s'arrangeront quand tout vous dérange. 
L'amour c'est un sentiment mêlé de respect, de reconnaissance ET de partage. Si l'une de ces dimensions vient à manquer, l'édifice ne peut être.
Chercher à combler ce qui n'existe pas/plus, pourquoi s'infliger cela? 
Sans doute par peur du vide ou pire, une pulsion de mort.
Mais je veux vivre et je vivrai. Parce que dans ce monde de fou, tous ne sont pas à jeter. Parce que dans ce monde cruel, j'ai voulu crever. Parce que dans ce monde de brutes, j'ai su me relever. 

mercredi 27 avril 2022

Une dernière chance

 Nous voulions encore y croire, pourtant le bateau prenait l'eau de toute part. Qu'importe, nous avions casés les gosses chez les grands-parents et pris le train. 

Février à Bruges, les canaux étaient gelés. Tu glissais ta main dans ma poche pour y enserrer la mienne, comme lors de notre tout premier rendez-vous. Nous tenions nos rôles, chacun se mentant à lui-même, refusant de s'avouer qu'il était déjà trop tard.

Pourtant j'en garde d'excellents souvenirs, notamment de cette pizzeria où tu passas commande en italien puis expliquas au serveur qu'en véritable macho, tu laissais ta ragazza régler la note. De ce moment, il ne m'en reste qu'un cliché, souvenir d'un expresso serré et de la lumière tamisée de l'endroit.

C'était en février 2018. Je n'oublierai jamais cet interlude.

vendredi 22 avril 2022

"Quand je sera grande...

je dessinerai pour les histoires, comme ça les enfants seront contents."
Tu n'avais pas trois ans, c'était ton rêve. 
           Le petit peintre, Auguste Renoir

Tes mots d'humour, Tes mots d'amour, Tes mimiques, Ton air pensif, Ton rire, Tu es solaire, Intelligente, surprenante, fascinante et si belle. 
Rêve encore, Tu as toute la vie pour Te réaliser. 
                        À ma fille, 22 avril 2022.


jeudi 7 avril 2022

Cheveux au vent

Les plats que Tu nous mitonnes, Tes articles engagés dans le journal du lycée, Ta prestance en société, Ta culture, Ta finesse d'esprit, Ton honnêteté, Ta lucidité, Ton engouement pour l'Espagne, Tes questionnements quant à l'avenir,Tes 17 ans... Tu es admirable.
Tellement épatant.
Je T'aime, Toi mon fils.
                                                         Maternité,Gino Severini

mercredi 23 mars 2022

Maigre ou ne pas être


J'étais mon propre tortionnaire, dictateure sans scrupule, je m'imposais un régime alimentaire draconien et des heures de sport quotidien. Au moindre écart, mon corps se révulsait, le trop plein, il fallait l'expulser. Vomir le plaisir,  me haïr. Ce corps, mon corps, si j'avais pu m'en débarrasser. 

J'étais jeune, intelligente, jolie, gracile,  je me croyais laide, énorme, incapable. Ne pas grandir, peur de la vie. 

Mais ça c'était avant. Avant que je ne m'aime.

Me voilà à l'aube de ma 50ème année. Quelques kilos en trop, mes racines sont grises, dans le miroir, une femme enfin heureuse.


mercredi 23 février 2022

Pyjama rayé




Trop perfectionniste, trop exigeante avec mes proches, trop émotive, trop impatiente, trop décalée, trop passionnée, trop directe, trop dispersée, mal à l'aise dans la foule, difficile à suivre dans une discussion, totalement démotivée quand le sujet ne m'attire pas, procrastinatrice par peur de l'échec.

Mais faisant preuve d'une curiosité sans borne, toujours à chercher à en savoir plus, à me perdre dans le foisonnement de mes pensées, jusqu'à en oublier ma quête première. Mes sens en éveil et mon imagination débordantes sont indissociables. Le simple fait de penser une situation déclenche son flot d'odeurs, de sons, de formes, de couleurs, de projections et ... d'angoisses. S'il y a intérêt, il y a intensité. 

Bref!  Je manie l'art de me compliquer la vie.

Pour me soulager, il m'a fallu apprendre à dissocier mon mental dans la douceur et laisser mon esprit vagabonder positivement. "M'occuper les mains pour vider ma tête".

Incapable de rationaliser mes émotions, victime de ma dépendance affective, en amour, je donne tout, je prends tout.  

Ceux qui m'accompagnent ont du mérite.  Leur capacité d'adaptation, leur patience sans égale, leur rationalité et leur pensée structurée me rassurent, m'apaisent. 




dimanche 20 février 2022

et si...

"Que l'on fasse l'amour ou du bricolage, le calme et le silence améliorent la réflexion et la qualité de l'expérience. Il faut sérieusement haïr quelqu'un pour le tuer en silence, il faut aimer profondément pour faire l'amour sans mot dire ni dire un mot. Il faut être bien sûr de soi et de ses convictions pour agir dans le calme, loin de la spontanéité apparente du vacarme."
             Bernard Arcand
Les bibliothécaires, p.159, in Du pipi, du gaspillage et sept autres lieux communs, Boréal